
L’Union européenne est-elle condamnée à rester impuissante sur la scène internationale ?
Élie Barnavi lance le débat
Élie Barnavi répond, sans langue de bois, à de nombreuses questions que tout le monde se pose :
Pourquoi, en 2000, au moment où les Israéliens et les Palestiniens tentaient de négocier un accord de paix, les Européens ne sont-ils pas parvenus à se mettre d’accord pour soutenir Bill Clinton qui avait proposé ses « paramètres » aux deux parties ? Cela témoigne-t-il pas d’un refus de mettre en place une politique étrangère commune ?
Après l’échec du « processus de Barcelone », le projet de l’Union pour la Méditerranée pourrait-il encore avoir un avenir ?
Pour être efficace, l’Union européenne devrait-elle se prolonger par une Union occidentale qui inclurait donc les États-Unis ?
La Défense européenne ne fonctionne-t-elle qu’intégrée à l’Otan ?
Découvrez aussi d'autres interviews filmées d'Élie Barnavi, dans lesquelles il répond à d'autres grandes questions :
6 commentaires
antoine f.
21/1/2009 - 17:01
Bonjour,
Comme vous le dites si bien, les européens réagissent toujours en ordre dispersées, ils n'arrivent pas à identifier un ou des intérêts communs. Mais finalement les plus blâmables ne sont ils pas les hommes politiques au pouvoir qui préfèrent faire cavalier seul pour garder tout leur pouvoir et toute leur marge de manoeuvre plutôt que de se mettre sous la bannière de l'Europe ? L'intérêt particulier de chaque pays à court terme passe par l'indépendance des pays européens (ou c'est du moins le raisonnement qui je suppose justifie cette posture) mais pourquoi même après la crise que nous avons traversé, personne ne se rend compte qu'il faut avoir une vision et une politique qui puisse s'inscrire dans la durée ? Car il apparait presque évident que l'intérêt à long terme des pays européens est une Europe forte et unie ou alors donnez moi une preuve du contraire.
Peut-on espérer que l'émergence du pôle asiatique et donc d'une menace de domination asiatique puisse faire que les européens commencent à se serrer les coudes ?
Le devenir du monde musulman influencera aussi sans nul doute la politique européenne, la montée du fondamentalisme et de l'extremisme est-elle à votre sens une tendance durable et croissante ou est-ce un sursaut identitaire voué à s'atténuer doucement puis presque disparaître ?
Je fus très déçu de la décision du proviseur de Louis Le Grand (mon lycée) de reporter cette conférence sur l'Europe. La rumeur dit qu'il aurait subi des pressions extérieures et venant d'au-dessus, peu importe. Dans l'espoir de peut être recevoir des éléments de réponse puis d'assister à l'une de vos conférence.
Cordialement,
antoine f.
cb
26/2/2009 - 17:42
Monsieur Barnavi,
j'avais quelques questions à vous poser à propos de votre livre Les religions meurtrières, dont il est malheureusement peu question ici.
Vous présentez l'Islam, sous sa version de fondamentalisme révolutionnaire, comme le plus grand danger que ma génération aura à affronter à l'avenir (je suis élève de terminale actuellement).
Dans votre 8e thèse, vous affirmez que ce danger est accru du fait de l'activité croissante des islamistes dans le domaine civil car ils deviennent auprès des populations l'unique alternative à un Etat corrompu, faible... En assurant les devoirs d'un Etat absent et souvent aux commandes de l'éducation, les islamistes sont donc à l'origine d'un renouveau du fondamentalisme révolutionnaire qui pourrait à terme menacer les valeurs de l'Occident.
Plus avant dans votre livre, vous rejetez le modèle civilisationnel de Huntington. Pourtant, sur ce point précis, ne le rejoignez-vous pas? Il me semble qu'il affirme la même chose dans son chapitre consacré au renouveau religieux, et plus particulièrement celui de l'Islam...
Pourriez-vous donc préciser vos éventuels points de divergence sur ce point précis par rapport à Huntington? Par rapport, pensez-vous que l'Occident aurait intérêt à agir dans ces pays pour restaurer l'autorité de l'Etat en tant qu'entité politique au moins capable d'assurer les besoins primaires de sa population ? Nos gouvernements devraient-ils prêter plus d'attention à ces régimes, et notamment sur la question de l'éducation, plutôt que de s'intéresser trop à la Chine par exemple ?
Respectueusement,
cb
FLORENT
12/3/2009 - 14:45
Moi-même et beaucoup de vos compatriotes franco-israeliens trouvent assez tristes le fait qu'après des hommes comme Yehuda Lancri ou Avi Pazner, les Ambassadeurs d'Israël en France, dont vous fûtes, n'aient pas vraiment été au rendez-vous pour défendre leur pays comme l'aurait fait tout ambassadeur d'envergure.
Par exemple, Philippe Karsenty, qui a obtenu des résultats devant la cour de justice et un comité d'expert concernant le mensonge propagandiste de l'affaire Al Dura n'a reçu aucun soutien de l'Ambassade - me semble t-il déjà sous votre mandat - et en tout cas Daniel Shek est clairement en retrait -en plus d'être trop lisse et semble même manquer de personnalité - et les officiels israéliens l'ont laissé mené la lutte tout seul et maintenant seulement le reconnaissent. Ceci m'apparait comme un syndrome typique de notre époque ; Des technocrates (vous n'échappez qu'en partie à cette critique) se retournent aujourd'hui contre l'intérêt de leurs peuples au nom d'un universalisme facile et du politiquement correct. Il n'y a plus de Churchill et vous même semblez bien incarner ce pouvoir technocratique, qui par exemple vous a acquis la réputation d'être un grand ami de Leïla Shahid avec qui vous auriez des relations proches. Avez-vous oublié vos principes et surtout, pensez-vous encore aux victimes d'attentats que même Shimon Pérès a trahi lorsque, par exemple, il enlevait les barrières de sécurité en pleine intifada pour mettre à genoux ceux que vous appelez des "colons" et que j'appelle des "pionniers", les mêmes qui n'ont rien de racistes comme vos amis gauchistes le prétendent, créant même des emplois ppour des Palestiniens à l'époque du Goush Katif que vos irresponsables amis de Kadima oint détruit pour ensuite s'étonner que l'on tire sur Gaza depuis les synagogues détruites de Gaza ou transformées en pissotières par le Hamas. Comment pouvez vous être fier de votre bilan ?
Merci de votre réponse argumentée.
riccardo lala
13/3/2009 - 13:18
L'Europe n'est pas impuissante sur la scène mondiale.
L'Europe n'est pas l'Union Européenne, mais l'ensemble de ses peuples, de l'Ouest, du Centre et de l'Est.
Or, cet ensemble n'a pas une voix unique, mais il se manifeste d'une manière cohérente lorsqu'il s' agit de l'Europe même. Il s'est manifesté d'une manière cohérente lors de la chute du bloc de l'Est ; il s'est manifesté d'une manière cohérente lors des récentes crises militaires dans l'Europe de l'Est, où l'idée de l'expansion à l'Est a été abandonnée parce contraire aux sentiments de la plupart des Européens ; il s'est manifesté à propos de la Turquie, qui, bien que sans entrer en Europe, n'a pas été rejetée.
L'Europe ne se manifeste pas sur les problèmes des autres aires du monde parce qu'elle n'a pas une vocation impérialiste. La plupart des Européens pensent que les autres Continents peuvent s'organiser comme ils veulent.
L'Europe constitue un premier exemple d'une attitude vraiment multipolaire.
Riccardo Lala
http://identitaeuropea.blogspot.com/
Noémie G.
24/4/2009 - 19:59
Je pense qu'un des problèmes de l'Europe, c'est qu'elle se mêle trop de réglementation dans des domaines qui ne devraient concerner que les nations, comme par exemple les produits gastronomiques tels que le vin, le chocolat, le fromage. Si elle consacrait la même énergie à des questions plus fondamentales et moins bassement commerciales, elle retrouverait plus de crédibilité. Qui plus il est, il y a aussi une sorte de conflit au sein de l'Europe entre les partisans du sécularisme et ceux qui veulent donner plus de place aux religions dans la société et la politique.
SantaBlue
7/1/2010 - 02:26
Generally I do not post on blogs, but I would like to say that this post really forced me to do so! really nice post.
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