Dreyfusard !
Proposé par Jean-Noël Jeanneney
Parues entre 1897 et 1899, ces chroniques sur l’Affaire Dreyfus offrent le témoignage plein d’humanité d’un pamphlétaire révolté.
Grâce aux événements et aux dialogues qu’ils rapportent, ces textes lucides et émouvants décrivent également l’atmosphère qui régnait à Paris et en province au moment de “l'Affaire”.
Date de publication : 10-09-2009
ISBN 978-2-87495-044-5
98 pages - 5,10 €
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Argumentaire
Comme la majorité des Français, Octave Mirbeau est d’abord indifférent au sort du capitaine juif dégradé dans la cour de l’École militaire le 5 janvier 1895 pour haute trahison, puis déporté à l’île du Diable. Mais lorsqu’en novembre 1897, le vice-président du Sénat, Scheurer-Kestner, dont l’intégrité est appréciée de tous, interpelle le gouvernement et se prononce pour la révision du procès de Dreyfus, Mirbeau, convaincu, rejoint le camp de plus en plus large de ceux (les dreyfusards, dont font partie Bernard Lazare et Émile Zola) qui, au nom de la Justice et de la Vérité, exigent que la lumière soit faite – face à l’autre camp, celui des conservateurs, soutenus essentiellement par l’armée, l’Église et la presse nationaliste, qui sont donc prêts à payer d’une injustice le maintien de l’ordre établi.
Mirbeau, comprenant le véritable enjeu social, politique et humain de cette affaire, se dépense alors sans compter.
Parmi les multiples formes que prend son engagement, ses pamphlets, parus pour la plupart dans L’Aurore, impressionnent par leur force de conviction : L’injustice qui frappe un être vivant – fût-il ton ennemi – te frappe du même coup. Par elle, l’Humanité est lésée en vous deux.
Passant de l’espoir et de la foi en la justice française à la douleur face à la haine et à la bêtise ambiantes, Mirbeau pose aussi sur lui-même et sur sa propre évolution (des articles franchement antisémites qu’il avait publiés dans le passé réapparaissent évidemment sur le devant de la scène) un regard très sincère : L’harmonie d’une vie morale, c’est d’aller sans cesse du pire vers le mieux...
Grâce aux événements et aux dialogues qu’ils rapportent, ces textes lucides et émouvants décrivent l’atmosphère qui régnait à Paris et en province au moment de “l'Affaire”.
Le texte est suivi d'une notice biographique de Véronique Leblanc.
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Extraits de presse
Presse écrite et Internet
Ce texte est bouleversant car on y observe un homme en pleine mutation psychologique. Mirbeau, au passé antisémite, va prendre fait et cause pour le capitaine Dreyfus.
Racloirs à parquet de l'État et du capital, tremblez ! Les pamphlétaires les plus tranche-dedans de l'Histoire sortent de leurs tombes pour précipiter votre perte. Accueillons sur nos tables de chevet, entre autres : [...] Octave Mirbeau, ses Contes cruels goguenards ainsi que, sous le titre Dreyfusard !, l'ensemble de ses écrits fulminants autour de l'“affaire”.
(Noël Godin, Siné Hebdo, 6 janvier 2010)
André Versaille poursuit sa très jolie collection initiée début 2009 avec de nouveaux courts textes d'écrivains du passé proposés par des hommes et des femmes impliqués dans la culture d'aujourd'hui. Des nouvelles, lettres ou extraits devenus introuvables sont ainsi réédités dans une forme qui est une invitation au partage de textes et d'auteurs choisis. Ainsi, on trouve Mirbeau proposé par Jean-Noël Jeanneney avec “Dreyfusard !”.
(Monique Verdussen, La Libre Belgique, 14 décembre 2009)
Les éditions André Versaille, présentées il y a quelques jours pour la première fois sur les ondes de Radio Massabielle, nous proposent dans la collection de poche “À s'offrir en partage” des articles de l'auteur normand publiés entre 1897 et 1899. La plume du pamphlétaire est féroce. Des intellectuels comme Sully Prudhomme ou Francisque Sarcey, anti-dreyfusards, sont étrillés. Les militaires, pour la plupart récents boulangistes et, bien entendu, défaits à Sedan en 1870 sont ridiculisés. Se donner des brevets de patriotisme en soutenant des faux en écriture, voilà qui ne passe pas pour Mirbeau !
Découvrez ces articles qui, de nos jours, ne seraient publiés qu'avec difficulté, tant la presse est devenue frileuse, étouffée par un carcan juridique qu'on peut assimiler à de la censure !
L'écrivain libertaire s'est “engagé” à fond dans l'Affaire, non pour défendre un militaire victime de ses pairs et de sa caste, mais pour la vérité et la justice. Lui-même y reconnaît ses précédentes “faiblesses” antisémites.
(@narlivres, 8 octobre 2009)
Plus que des classiques, la collection À s’offrir en partage
publiée par la maison d’édition André Versaille permet de découvrir ou redécouvrir les œuvres que l’on a aimées, présentées par de grands auteurs, à tout petit prix. Une façon de partager son émotion de lecture en offrant un cadeau à ses proches ! Entretien avec André Versaille. Entamer une nouvelle collection est toujours une gageure éditoriale. Aussi pouvons-nous saluer l'heureuse initiative de l’éditeur belge André Versaille qui a fait paraître les premiers volumes d’une nouvelle collection littéraire joliment intitulée “À s’offrir en partage”. Les titres parus montrent le désir de faire connaître ou redécouvrir des classiques trop souvent mal connus ou négligés. […] Les oeuvres et leurs auteurs sont présentés par un écrivain actuel, romancier, essayiste ou journaliste. Le petit format et la présentation soignée font que ces livres sont plaisants et que leur prix les rend aussi accessibles qu’un magazine. La diversité de la collection est tout aussi intéressante : auteurs français ou étrangers, essais ou nouvelles, oeuvres populaires ou plus savantes, chaque lecteur a des chances d’y trouver un livre à son goût.
(Vinciane Strale, Lectures, septembre-octobre 2009)
Octave Mirbeau est un des grands combattants de l'Affaire Dreyfus. Mais son rôle a été longtemps occulté ou sous-estimé. Il est grand temps de rendre tardivement justice au justicier.
Les textes que je vous engage à découvrir ici conduisent tout droit au centre d'un prodigieux tourbillon.
– Jean-Noël Jeanneney –
(Michel Dagneau, Le Bibliothécaire, juillet-septembre 2009)
Une collection qui conjugue la petitesse du format, la beauté du design et des couvertures, la qualité des textes. Et la modicité du prix. […] Ces livres sont beaux, on vous l'a dit. Le format pratique, à emporter, à mettre en poche, à lire dans le métro.
(Jean-Claude Vantroyen,
Le Soir, 22 avril 2009)
C'est une histoire de parti pris : celui d'un éditeur, lecteur et érudit. La collection “À s'offrir en partage” est un pari esthétique et littéraire : des textes classiques, présentés comme des coups de cœur par des écrivains contemporains enthousiastes. […] Des titres comme des cadeaux pour bibliophiles à revenus modestes.
(Télérama, 8 avril 2009)
L'idée de cette nouvelle collection est d'associer deux auteurs, un classique et un contemporain. Ce dernier choisit et présente son prédécesseur. Il en résulte de petits livres à petits prix, riches de textes rares ou devenus introuvables.
(Centre France Dimanche, 22 mars 2009)
Avec “À s'offrir en partage”, André Versaille propose une bibliothèque d'éditeur dans de petits volumes à 5 euros : des petits textes de la littérature classique, présentés en quelques pages par un auteur contemporain dont la mission est de donner le goût d'entrer dans l'œuvre.
(Catherine Andreucci, Livres Hebdo, 20 mars 2009)
Le plaisir de lire est un plaisir solitaire. Il peut aussi être un plaisir de convivialité lorsque, au cours de conversations complices, on s'échange ses engouements, émotions et réflexions pour un auteur ou une œuvre que l'on a particulièrement reçue à cœur ou à idées. C'est ce qu'a très bien compris André Versaille en publiant une collection de mini-livres faits de récits, contes, nouvelles, correspondances peu connus, où les impressions que l'on s'en fait peuvent être confrontées – ou confortées – à celles d'autres écrivains d'aujourd'hui, concernés par la chose littéraire. […] C'est très joliment fait. Avec un attachement particulier à la présentation très soignée qui fait partie de la maison et un souci de l'esthétique pour ce qui concerne les œuvres plus spécifiquement littéraires. La collection s'intitule “À s'offrir en partage”. C'est exactement le sens qu'elle a. On peut y ajouter celui du plaisir plus général d'en offrir l'un ou l'autre exemplaire autour de soi. Un cadeau personnalisé.
(Monique Verdussen, La Libre Belgique, 13 mars 2009)
Blogs littéraires
La collection À s'offrir en partage publiée aux Éditions André Versaille propose de découvrir ou de redécouvrir des textes classiques de toute nature (récits, nouvelles, essais, correspondances, extraits de Mémoires) connus ou tombés dans l'oubli, mais qui ont tous suscités l'attachement de lecteurs contemporains renommés (historiens, écrivains, journalistes, etc) qui expliquent dans leur préface pourquoi le texte en question mérite d'être partagé.
Bernard Lazare, premier des Dreyfusards, présente l'écrivain du “Journal d'une femme de chambre” comme un révolté permanent. On vérifie la pertinence de ce jugement en se donnant le plaisir de lire un précieux et élégant recueil d'articles de Mirbeau consacrés à l'affaire Dreyfus. Convaincu par Lazare de l'innocence du Capitaine, il y stigmatise “les braves gens qui, du berceau à la tombe, n'eurent jamais qu'une idée – ce qui équivaut à n'en avoir pas du tout”. Et analyse courageusement les raisons de son aveuglement raciste passé.
Une ligne éditoriale originale qui permet de découvrir de courts textes fondamentaux, parfaits lorsque l'on souhaite aborder en douceur un auteur.
Les Éditions André Versaille à Bruxelles ont lancé récemment une nouvelle collection appelée “À s'offrir en partage” dans laquelle on retrouve très joliment présentés au format de poche des textes anciens célèbres proposés par des intellectuels contemporains : […] autant de petits bijoux précieux qui feront scintiller la bibliothèque de l'honnête homme contemporain…
Extrait
Les textes que je vous engage à découvrir ici conduisent tout droit au centre d'un prodigieux tourbillon. Dans ses Souvenirs sur l'Affaire, publiés en 1935, Léon Blum observe que les attitudes adoptées par les écrivains et les intellectuels dans la grande bataille qui précipita deux camps face à face auraient été, pour plusieurs d'entre eux, difficiles à anticiper. Car les engagements des uns et des autres ne furent pas toujours, bien loin de là, déterminés dans le prolongement logique d'itinéraires antérieurs. Ainsi d'Anatole France dreyfusard, de Barrès dans le camp adverse.
Ainsi d'Octave Mirbeau à qui ses succès de journaliste et d'écrivain offraient les moyens d'une influence hors de pair. Et telle est bien la séduction première du choix de texte qu'on va lire : l'occasion de considérer un homme en pleine mutation psychologique, à qui son panache, son goût du risque, je dirai même sa vertu, au sens romain du terme, donnent l'énergie de ne pas laisser son passé antisémite l'entraver dans son élan.
(Extrait de la préface de Jean-Noël Jeanneney)
Bonus
Nous vous invitons à découvrir deux sites internet :
- Le site, d'une grande richesse, qui a été mis en ligne par le ministère de la Culture à l'occasion du centenaire de l'Affaire Dreyfus (1996) : www.dreyfus.culture.fr.
- Le site de Pierre Michel, président de la Société Octave Mirbeau : http://mirbeau.asso.fr.