Raspoutine
Une tragédie russe
Rejetant les faux bruits de complot et les légendes sur les “forces obscures”, ce livre s’efforce de restituer à l’Histoire la vie de ce moujik insaisissable, ambigu et fascinant qu’était Raspoutine. Homme de Dieu et diable sacré, dévot et lubrique, séduisant et repoussant, devin guérisseur et débauché impénitent, ce récit est aussi celui de son incroyable influence sur la tsarine Alexandra, alors que l’Empire s’écroule.
Date de publication : 23-03-2011
ISBN 978-2-87495-137-4
318 pages - 20,20 €
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Argumentaire
Le tsarisme commence à s’écrouler.
Les présages de la catastrophe s’accumulent : un autocrate velléitaire, une impératrice mystique et névrosée, un héritier fragile, une famille impériale attentive à détourner la succession, un parlement muselé, une société en mutation travaillée par des partis révolutionnaires.
Alors, des profondeurs du passé russe, vient Raspoutine. Homme de Dieu et diable sacré, dévot et lubrique, généreux et pervers, séduisant et repoussant, devin guérisseur et débauché impénitent, c’est, équivoque et contrasté, un personnage de Dostoïevski, immergé dans l’univers de Tolstoï.
Son incroyable influence sur la tsarine Alexandra se développe au cours de la guerre au point qu’il pèse sur les destinées de l’Empire. De toutes parts, enflé par la rumeur, un cri s’élève : “
Il faut tuer Raspoutine !”
Rejetant les faux bruits de complot et les légendes sur les “forces obscures”, ce livre s’efforce de restituer à l’Histoire la vie de ce moujik insaisissable, ambigu et fascinant qui n’y apparut qu’à la faveur de circonstances exceptionnelles où, dans l’ultime convulsion de l’Empire, l’étrange fit irruption dans le politique et l’irrationnel occulta la réalité.
Un personnage shakespearien au centre d’une tragédie historique.
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Extraits de presse
Radios et télévisions :
Le 4 mai 2011, Yves Ternon était l'invité de Jacques Pradel dans l'émission L'Heure du crime sur RTL, en compagnie de Wladimir Fedorowski :
- Jacques Pradel : Je vous recommande vivement la lecture de ce livre d'Yves Ternon, Raspoutine. Une tragédie russe, parce qu'il est absolument passionnant, et surtout qu'il a le mérite de remettre les pendules à l'heure et de nous raconter une histoire qui est aussi passionnante que celles des légendes.
Le 15 avril 2011, Yves Ternon était l'invité de l'émission
Bonjour quand même, animée par Jean-Pierre Hautier, sur La Première (RTBF) :
- Jean-Pierre Hautier :
Avec mon invité, Yves Ternon, nous allons parler aujourd'hui d'un personnage très étrange de l'histoire russe : Raspoutine. […]
Je rappelle le titre de votre livre qui est passionnant : Raspoutine. Une tragédie russe.
Presse écrite et Internet :
L'historien Yves Ternon vient de consacrer un très éclairant livre au célèbre Raspoutine (1872-1916). Publié par les éditions André Versaille, l'ouvrage aborde les facettes à la fois multiples et parfois sombres de ce moine et aventurier russe.
Raspoutine, une tragédie russe. Car c'est bien de cela qu'il s'agit dans ce beau livre, de cette tragédie russe dont Raspoutine n'est qu'un symptôme.
(Élie Barnavi, Marianne, 2 juillet 2011)
Cette biographie a le mérite de mettre l'accent sur le contexte psychologique et sur la genèse d'un mythe que les rumeurs ont nourri et qui défie l'Histoire.
(Notes bibliographiques, 1er juin 2011)
Le livre a été présenté dans
Le Bibliothécaire du 2e trimestre 2011 (avril-mai-juin).
Yves Ternon nous propose un portrait enfin débarrassé des légendes habituelles consacrées à Raspoutine et à son assassinat. Un personnage fascinant mais qui ne fut pas l'incarnation du Diable qu'on a bien voulu faire croire.
La “vraie” histoire de cet étrange moujik qui fait fantasmer. […]
Alors que ce thème a inspiré bien des auteurs qui parfois ont défendu des thèses plutôt fantaisistes, cet ouvrage présente l'intérêt qu'il remet les pendules à l'heure en rejetant les faux bruits et les légendes sur les “forces obscures” entourant ce personnage de légende.(José Vanderveeren, Dépêche de l'Agence Belga, 8 mai 2011)
Interview
– Pourquoi, alors que vous n’êtes pas spécialiste de la Russie, avoir choisi d’écrire un livre sur Raspoutine ?
– Bien que ne lisant pas le russe, j’ai toujours été passionné par l’histoire et la littérature russes. J’avais acquis une solide connaissance dans ce domaine. André Versaille m’avait demandé en 1981 d’écrire pour la collection La Mémoire du siècle une biographie de l’anarchiste russe, Nestor Makhno. Ce livre parut deux ans plus tard. Je lui ai proposé alors d’écrire, dans la même collection, une biographie de Raspoutine, ceci pour deux raisons : le personnage est infiniment complexe et le récit nécessite une plongée dans la fin du tsarisme dont il est un acteur incontournable ; la plupart des documents sur cette période (1916-1916) ont été publiés en français et en anglais dans les années 1920.
– N’y a-t-il pas une autre raison pour que vous qui avez consacré l’essentiel de vos travaux aux génocides du XXe siècle soyez sorti de votre domaine ?
– En fait, je trouvai là un sujet voisin : la préméditation et l’exécution d’un meurtre politique perpétré avec le consentement des plus hauts dignitaires de la cour de Russie. J’ai voulu analyser le processus qui conduit à concevoir le crime comme une nécessité vitale, un geste salutaire pour l’État, à le planifier et à passer à l’acte. Certes, il s’agissait là de l’assassinat d’une seule personne et non d’un groupe humain, mais je voulais montrer en dépit des différences quelques similitudes dans la volonté de tuer.
– Qui était Raspoutine ? Pourquoi ce meurtre ?
– J’ai inscrit en sous-titre à cette biographie : “Une tragédie russe”. Raspoutine vient du monde paysan, de la Russie profonde, celle des vieux-croyants et des sectes. Cet homme est à la fois religieux et pêcheur, ce qui n’est pas contradictoire pour un Russe. Il cherche sa rédemption dans “la souffrance du repentir” après une débauche dans le sexe et l’alcool. Par un étrange concours de circonstances – l’hémophilie du tsarévitch, seul héritier de la couronne ; le mysticisme de la tsarine ; la faiblesse de Nicolas II à l’égard des extravagances de son épouse tant aimée ; le don d’hypnotisme de Raspoutine –, ce moujik insolite en vient à occuper une place centrale à la cour de Russie : il fait et défait ministres et prélats. On est en temps de guerre. La tsarine est de famille allemande. Les Romanov et plusieurs clans à la cour craignent que les “forces obscures” dont il serait l’agent ne favorisent une paix séparée avec l’Allemagne. Raspoutine doit disparaître.
– La scène du meurtre a donné lieu à bien des commentaires. Qui a tué Raspoutine ?
– Pour décrire cet assassinat, je me suis tenu aux témoignages publiés dans les années 1920. D’autres documents ont été consultés après la chute de l’URSS, mais ils ne changent guère les conclusions de l’enquête menée en 1917 par le gouvernement provisoire. Les différents récits du meurtre ont, à l’évidence, été aménagés. On peut cependant conclure que la tentative d’empoisonnement par le cyanure avait échoué. Raspoutine a été tué par balles. Le prince Youssoupov et Pourichkévitch se sont accusés et ont fait des descriptions fantaisistes de l’exécution. Ils étaient convenus, dès le début, de protéger un troisième acteur : le grand-duc Dimitri, neveu du tsar. Il ne fallait pas mêler la famille impériale à ce meurtre. En fait, c’est sans doute Dimitri qui a tiré les balles fatales, les deux tireurs précédents ayant manqué leur cible, mais cela reste une hypothèse.
– Raspoutine avait prédit que sa mort signerait la fin du tsarisme. Qu’en pensez-vous ?
– Dès qu’il a compris qu’on voulait le tuer, Raspoutine s’est assuré le soutien sans faille de Nicolas et Alexandra en les persuadant que leur sort était lié au sien. Ce n’était qu’un des moyens utilisés par ce moujik rusé et madré pour préserver une position sans cesse menacée par ses puissants ennemis. La révolution de février 1917 aurait eu lieu avec ou sans Raspoutine. Son assassinat ne fit que convaincre de la décomposition du régime tsariste.
In English 
Click here to show or hide english descriptionRasputin. A Russian tragedy
Casting aside false rumours of plots and legends about “dark forces”, this book strives to restore the true history of the indefinable, ambiguous and fascinating muzhik that was Rasputin : a man of God and a sacred evil, devout and lecherous, seductive and repellent, divine healer and impenitently debauched… This account also describes the incredible influence he had on Tsarina Alexandra as the empire collapsed.
A great authority on the Russian world, Yves Ternon is a doctor of History at Sorbonne-Paris IV University.
Bonus
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