Mort de Judas
Suivi de
Le Point de vue de Ponce Pilate
Proposé par José Artur
Dans ces deux textes, Paul Claudel offre à entendre, sur un ton ironique et satirique, les justifications que Judas et Ponce Pilate apportent à leurs actes.
Date de publication : 10-09-2009
ISBN 978-2-87495-028-5 - 98 pages - 5.00 €
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Argumentaire
Point de réhabilitation dans Mort de Judas, mais Claudel voit en l’Iscariote plus qu’un trésorier cupide : c’est l’administrateur rationnel et terre-à-terre, incapable de comprendre le miracle de la foi. Si la curiosité lui fait suivre le Christ dans un premier temps, il se lasse des miracles, des grands gestes. Tout cela heurte son goût de la mesure, et lorsqu’il voit Marie-Madeleine dépenser sa fortune en parfum pour les pieds du Christ, c’en est trop ! Il faut ramener l’ordre, et Judas est bien surpris du mépris qu’on lui témoigne, à lui qui n’a accompli que son devoir. À travers Judas, Claudel s’insurge contre ses contemporains, qui délaissent la foi pour la science, le rationnel ou le bon sens médiocre.
Peut-être Claudel se sent-il plus proche du préfet de Judée, ayant lui-même exercé le métier de diplomate ; mais Le Point de vue de Ponce Pilate reste un texte mordant, rempli de curieux anachronismes.
Entre deux protestations d’innocence, Pilate revient obstinément sur ces poulets qui meurent avant qu’il ne puisse les sacrifier à ses dieux – il faut savoir que depuis la condamnation de Jésus, le pauvre homme ne peut plus assister à la moindre cérémonie religieuse sans que des phénomènes mystérieux n’en perturbent le cours… Et ce juriste rationnel ne sait où chercher les causes de sa disgrâce.
Le texte est suivi d'une notice biographique de Bernadette Dubois.
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Extraits de presse
André Versaille poursuit sa très jolie collection initiée début 2009 avec de nouveaux courts textes d'écrivains du passé proposés par des hommes et des femmes impliqués dans la culture d'aujourd'hui. Des nouvelles, lettres ou extraits devenus introuvables sont ainsi réédités dans une forme qui est une invitation au partage de textes et d'auteurs choisis. Ainsi, on trouve Claudel proposé par José Artur avec “Mort de Judas” suivi de “Point de vue de Ponce Pilate”.
(Monique Verdussen, La Libre Belgique, 14 décembre 2009)
De Paul Claudel, je ne connais pas grand chose. Alors, histoire de m'encourager à sauter le pas, j'ai ouvert Mort de Judas et je me suis régalée. Paul Claudel raconte en deux courts textes le point de vue de Judas et de Ponce Pilate sur la mort de Jésus. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est drôle, percutant et irrévérencieux. […]
J'ai adoré et dévoré ce court opus.
C'est donc une véritable découverte pour moi et un moyen tout à fait intéressant d'entrer dans l'oeuvre d'un grand écrivain ou d'en découvrir des aspects moins connus. En plus, l'objet est vraiment agréable et joli ce qui en fait un parfait cadeau ! Bref, que du bon !
On ne peut pas dire que la prose claudélienne nous ait habitués à la gaudriole. Et pourtant… André Versaille nous offre à découvrir ce Claudel insoupçonné, en rééditant deux textes parus en 1933, Mort de Judas, et Le Point de vue de Ponce Pilate. Dans ces prosopopées (Judas et Pilate parlent à la première personne), Claudel permet aux instruments de la mort de Jésus de se justifier, et se paie du même coup une tranche d'écriture au ton époustouflant. […]
Claudel bouffon, profond, truculent, Claudel totalement iconoclaste et donc vivifiant pour la langue et l'esprit. Un petit livre, ainsi que le nom de la collection y invite, À s'offrir en partage.
(Gwen Garnier-Duguy, La Nef, novembre 2009)
On connaît surtout Claudel pour ses pièces de théâtre, en particulier pour Le Soulier de satin. […] Mais qui connaît Claudel, l’humoriste ? Toujours perçu comme un auteur abrupt, monolithique, Claudel n’était pourtant pas dénué d’humour, et même d’un certain sens de l’autodérision. Les deux textes courts réédités aujourd’hui par André Versaille ont été publiés une première fois en 1933, à une époque où Claudel avait décidé de consacrer le restant de sa vie à commenter les Saintes Écritures. Si on apprécie de découvrir Claudel s’essayant à la brièveté et la concision, on est d’autant plus conquis par son ironie et ses cabrioles autour de l’évènement majeur de la culture chrétienne : la crucifixion. Dans ces deux paraboles iconoclastes, il donne la parole aux deux personnages les plus honnis du catholicisme, pour notre plus grand régal. Judas se présente comme un esprit pragmatique, un homme d’affaires, le seul clairvoyant parmi la petite bande de “Qui-vous-savez”. Quant à ce pauvre Ponce ! Tout ce qu’il a fait, c’était pour préserver l’ordre public ! […]
Deux petits essais jouissifs dans lesquels il brocarde les souverains poncifs et provoque délibérément les catholiques bien-pensants, qu’il n’a jamais porté dans son cœur et dont il dira quelques années plus tard qu’ils “sont décidément écœurants de bêtise et de lâcheté”.
En publiant, dans sa remarquable collection “À s’offrir en partage”, les deux courts textes de Paul Claudel intitulés Mort de Judas et Le Point de vue de Ponce Pilate, l’éditeur bruxellois André Versaille a fait mouche !
L'article a également été mis en ligne sur le blog
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Radio Nostalgie, ainsi que sur le portail de
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On croyait généralement que le maréchaliste et gaulliste (successivement) auteur de L’Annonce faite à Marie et du Soulier de Satin, pompeux catholique devant l’Éternel (un athée converti, les pires des doctrinaires !), méchant frère d’une grande artiste un peu – et même beaucoup – barge, était le roi de la pensée rasoir et du théâtre bigot, point barre. Grâces soient rendues à notre compatriote (au demeurant grand… voltairien !) d’avoir exhumé deux textes désopilants de l’académicien mort en 1955, et de les avoir, de surcroît, fait préfacer par José Artur, lui-même ironiste bon teint. […] Un beau “foutage de gueule” !
Plus que des classiques, la collection À s’offrir en partage publiée par la maison d’édition André Versaille permet de découvrir ou redécouvrir les œuvres que l’on a aimées, présentées par de grands auteurs, à tout petit prix. Une façon de partager son émotion de lecture en offrant un cadeau à ses proches ! Entretien avec André Versaille.
Entamer une nouvelle collection est toujours une gageure éditoriale. Aussi pouvons-nous saluer l'heureuse initiative de l’éditeur belge André Versaille qui a fait paraître les premiers volumes d’une nouvelle collection littéraire joliment intitulée “À s’offrir en partage”. Les titres parus montrent le désir de faire connaître ou redécouvrir des classiques trop souvent mal connus ou négligés. […] Les oeuvres et leurs auteurs sont présentés par un écrivain actuel, romancier, essayiste ou journaliste. Le petit format et la présentation soignée font que ces livres sont plaisants et que leur prix les rend aussi accessibles qu’un magazine. La diversité de la collection est tout aussi intéressante : auteurs français ou étrangers, essais ou nouvelles, oeuvres populaires ou plus savantes, chaque lecteur a des chances d’y trouver un livre à son goût.
(Vinciane Strale, Lectures, septembre-octobre 2009)
Deux textes iconoclastes et inattendus.
– José Artur –
(Michel Dagneau, Le Bibliothécaire, juillet-septembre 2009)
Une collection qui conjugue la petitesse du format, la beauté du design et des couvertures, la qualité des textes. Et la modicité du prix. […] Ces livres sont beaux, on vous l'a dit. Le format pratique, à emporter, à mettre en poche, à lire dans le métro.
C'est une histoire de parti pris : celui d'un éditeur, lecteur et érudit. La collection “À s'offrir en partage” est un pari esthétique et littéraire : des textes classiques, présentés comme des coups de cœur par des écrivains contemporains enthousiastes. […] Des titres comme des cadeaux pour bibliophiles à revenus modestes.
(Télérama, 8 avril 2009)
L'idée de cette nouvelle collection est d'associer deux auteurs, un classique et un contemporain. Ce dernier choisit et présente son prédécesseur. Il en résulte de petits livres à petits prix, riches de textes rares ou devenus introuvables.
(Centre France Dimanche, 22 mars 2009)
Avec “À s'offrir en partage”, André Versaille propose une bibliothèque d'éditeur dans de petits volumes à 5 euros : des petits textes de la littérature classique, présentés en quelques pages par un auteur contemporain dont la mission est de donner le goût d'entrer dans l'œuvre.
(Catherine Andreucci, Livres Hebdo, 20 mars 2009)
Le plaisir de lire est un plaisir solitaire. Il peut aussi être un plaisir de convivialité lorsque, au cours de conversations complices, on s'échange ses engouements, émotions et réflexions pour un auteur ou une œuvre que l'on a particulièrement reçue à cœur ou à idées. C'est ce qu'a très bien compris André Versaille en publiant une collection – tout juste sortie – de mini-livres faits de récits, contes, nouvelles, correspondances peu connus, où les impressions que l'on s'en fait peuvent être confrontées – ou confortées – à celles d'autres écrivains d'aujourd'hui, concernés par la chose littéraire. […]
C'est très joliment fait. Avec un attachement particulier à la présentation très soignée qui fait partie de la maison et un souci de l'esthétique pour ce qui concerne les œuvres plus spécifiquement littéraires. La collection s'intitule “À s'offrir en partage”
. C'est exactement le sens qu'elle a. On peut y ajouter celui du plaisir plus général d'en offrir l'un ou l'autre exemplaire autour de soi. Un cadeau personnalisé. (Monique Verdussen, La Libre Belgique, 13 mars 2009)
Blogs littéraires
La collection À s'offrir en partage publiée aux Éditions André Versaille propose de découvrir ou de redécouvrir des textes classiques de toute nature (récits, nouvelles, essais, correspondances, extraits de Mémoires) connus ou tombés dans l'oubli, mais qui ont tous suscités l'attachement de lecteurs contemporains renommés (historiens, écrivains, journalistes, etc) qui expliquent dans leur préface pourquoi le texte en question mérite d'être partagé.
Une ligne éditoriale originale qui permet de découvrir de courts textes fondamentaux, parfaits lorsque l'on souhaite aborder en douceur un auteur.
Les Éditions André Versaille à Bruxelles ont lancé récemment une nouvelle collection appelée “À s'offrir en partage” dans laquelle on retrouve très joliment présentés au format de poche des textes anciens célèbres proposés par des intellectuels contemporains : […] autant de petits bijoux précieux qui feront scintiller la bibliothèque de l'honnête homme contemporain…
Extrait
Lecteurs, soyez aussi surpris et séduits que moi en découvrant les deux textes iconoclastes et inattendus de ce livre d'humeur et d'humour.
Claudel tripote les Écritures avec gourmandise et les chatouille à nous faire jouir. À travers son Judas, il observe Ponce Pilate, l'inventeur du rince-doigt de Judée, qui, réveillé de sa sieste de fonctionnaire de pays chaud à trois heures de l'après-midi, un certain vendredi pas encore saint mais déjà prometteur, justifie la mise à mort de “Qui-Vous-Savez”, au nom de la raison d'état d'âme et du désordre ambiant.
Il fait l'Écriture buissonnière avec délectation. Il se défoule en provocations savoureuses (des ressuscités nostalgiques de leur tombeaux, des paralytiques regrettant leurs béquilles ; les pharisiens, des gens parfaitement polis et bien élevés ; Simon Pierre, un pauvre chien pleurnichard ; Marie Madeleine, enfin : une dinde…)
Claudel brocarde les croyances naïves et les vaticaneries suffisantes des souverains poncifs.
(Extrait de la préface de José Artur)
Bonus
Nous vous invitons à découvrir le site internet de la Société Paul Claudel : http://www.paul-claudel.net