États-Unis 1968
L’année des contestations
André Kaspi nous montre qu’à la différence de la France, l’année 1968 est, pour les États-Unis, la pointe de l’iceberg, le sommet d’une décennie troublée (Vietnam, Berkeley, assassinats de Martin Luther King et de Robert Kennedy, etc.), le début d’une période d’incertitudes.
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Date de publication : 15-05-2008
ISBN 978-2-87495-012-4
168 pages - 15,20 €
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André Kaspi présente son livre et répond à la question : peut-on rapprocher la guerre d'Irak et la guerre du Vietnam ?
Argumentaire
En 1968, les États-Unis traversent une zone de turbulences. Ils sortent profondément bouleversés de l’année des contestations. Auraient-ils fait la même expérience que les Français ? Rien n’est moins sûr.
De quel poids pèse la guerre du Vietnam sur le débat politique, sur la société et l’économie ? Dans quelle direction le mouvement pour les droits civiques s’oriente-t-il et dans quelle mesure déclenche-t-il la révolution des droits qui change la condition des femmes, des minorités ethniques ? À quels résultats aboutissent les étudiants qui protestent contre la guerre et pour un surcroît de liberté sur les campus ? La contre-culture a-t-elle chamboulé la hiérarchie des valeurs ?
Pourquoi Martin Luther King et Robert Kennedy ont-ils été assassinés à deux mois d’intervalle ? La campagne pour les élections présidentielles, dans quel climat se déroule-t-elle ? Que signifie l’apparition sur le devant de la scène d’Eugene McCarthy et des jeunes gens qui le soutiennent ? De George Wallace qui exprime un ras-le-bol populiste ? Quels sont les thèmes sur lesquels s’opposent Hubert Humphrey, qui voudrait succéder au président Johnson, et Richard Nixon qui aspire à entrer enfin à la Maison Blanche ?
Autant de questions dont les réponses définissent l’originalité de l’année 1968 aux États-Unis. La contestation a cependant commencé bien avant et se terminera bien après. Des deux côtés de l’Atlantique, la contestation ne repose ni sur les mêmes causes ni sur les mêmes conséquences.
D’une manière magistrale, André Kaspi, le grand spécialiste de l’histoire et de la société américaine, montre qu’à la différence de la France, l’année 1968 est, pour les États-Unis, la pointe de l’iceberg, le sommet d’une décennie troublée, le début d’une période d’incertitudes.
Retrouvez les discours de John F. Kennedy et Martin Luther King dans :
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Extraits de presse
Radio :
Mercredi 29 octobre 2008, André Kaspi a participé à l'émission À plus d'un titre de Jacques Munier sur France Culture (semaine thématique sur les États-Unis).
Presse écrite :
Tout au long de l'année 1968, la contestation, plus ou moins radicale, menée par la jeunesse embrase les campus et la rue. Martin Luther King le 4 avril et Robert Kennedy le 5 juin paient de leur vie leur opposition au conservatisme souvent très réactionnaire d'une bonne partie de la société états-unienne. […] André Kaspi présente 1968 comme le début d'une période d'incertitudes pour les États-Unis. Il souligne que le radicalisme d'une partie de la jeunesse qui dénonce la faillite du système effraie une fraction importante de l'opinion. Pour lui c'est la cause première du retour à “la loi et (à) l'ordre” pour de longues années. Cet ouvrage, de lecture aisée, complété par une chronologie détaillée et un index, incite plutôt le lecteur à penser que ce radicalisme était prémonitoire et que, tout en restant une superpuissance, les États-Unis amorçaient un déclin.
Spécialiste de l’histoire nord-américaine, André Kaspi a contribué cette année au grand nombre de parutions concernant 1968. Cet ouvrage raconte cette année particulière en quelques chapitres focalisés sur de grandes évolutions sociales et quelques grands événements, révélant une incroyable densité historique : hasards de l’histoire ou transition radicale correspondant à une logique globale ?
Kaspi commence par la guerre du Vietnam, arrière-plan déterminant de l’élection présidentielle qui se prépare. […]
Autre récit d’André Kaspi : l'assassinat de Martin Luther King en avril 1968. La situation est complexe et l’auteur en retrace toutes les circonstances concrètes. […]
La conclusion que tire l’auteur de ces coups de zoom sur l’année 1968, c’est qu’il s’agit d’un maillon dans une remise en question profonde, dans un vent de changement qui se prolonge tout au long des années 1960. Et “1968 n’est pas un accès de fièvre qui saisirait un pays malade, frileux et vieilli. C’est à l’inverse une inévitable transition, un moment d’une importance primordiale dans l’histoire d’une nation qui vient de subir une cure de rajeunissement.”
(Christophe Rubin,
Sitartmag, 5 octobre 2008)
Janvier 1968. Au large de la Corée, le Pueblo est arraisonné par la marine nord-coréenne. Aucun navire américain n'avait subi pareil sort depuis 1807. Avril : Martin Luther King est assassiné. Robert Kennedy l'est le mois suivant. Les étudiants de l'université de Columbia se révoltent. Un demi-million de pauvres marchent sur Washington. L'Amérique sombre dans la violence. Dans les beaux quartiers, on s'entraîne au stand de tir pour le cas où… New York croule sous les ordures. Le dollar faiblit. On se demande si la domination financière des États-Unis n'est pas sur le point de prendre fin. Au Vietnam, les Américains commencent à se rendre compte qu'ils ne gagneront pas la guerre et qu'il serait temps de parler de paix. Chronique d'une année noire pour les États-Unis où, contrairement à l'Europe, chaque mois apporte sa contestation et qui pourtant finit en apothéose. La veille de Noël, trois astronautes américains tournent autour de la lune. Un objectif qui a mobilisé 300 000 ingénieurs et réclamé un investissement de 33 milliards de dollars.
(Trends Tendances, 22 mai 2008)
Extrait
Les comparaisons transatlantiques sont parfois instructives. La France de 1968, par exemple, sombre dans le psychodrame national. Un coup de folie qui dure six semaines et laisse des marques profondes sur la société et les mentalités. Aux États-Unis, rien de tout cela. De 1964 au début des années 1970, les Américains vivent à l’heure du grand chambardement. Ils passent du malaise à l’angoisse, des manifestations à l’agitation permanente, des tragédies au traumatisme. Sur cette route interminable et pénible, l’année 1968 est une étape, mais quelle étape ! […]
Elle s’achève en novembre par la victoire à l’arraché de Richard Nixon. Un suspense ordinaire. Alors, l’année 1968 ne serait-elle, en dépit des cris et de la fureur, qu’une année comme les autres ? Avec son cortège de petites et de grandes nouvelles, n’annoncerait-elle aucun changement dans la société américaine ? La tempête n’aurait-elle été qu’un trompe-l’œil ?
(Extrait de l'introduction d'André Kaspi)